Un pseudo-débat participatif concocté par ENEDIS

Publié par AAVEC le 2 octobre 2018 dans la catégorie Compteurs Linky

Un article de l’association Pièces et Main d’œuvre

[Contexte : Un débat participatif est proposé par Enedis. Cette opération de com’ est organisée par Les Cahiers de la Ville Responsable, revue éditée par État d’esprit stratis, entreprise de communication spécialisée dans les stratégies d’influence. La plupart des collectifs anti Linky considèrent cette démarche comme une mascarade.]

En effet, les pseudo-débats participatifs font partie des outils d’acceptabilité théorisés depuis 20 ans par les sociologues de l’innovation. Leur credo est « Faire participer pour faire accepter », ce qui dit tout. Nous avons connu ceux sur le nucléaire, les nanotechnologies, les OGM, etc. La bonne nouvelle, c’est que leur lancement signale toujours l’existence d’une opposition suffisamment encombrante pour justifier de grandes manœuvres. Ceci pour le mouvement anti-Linky.

Pour résumer, l’objectif de ces opérations est triple :

1) offrir aux mécontents un espace où laisser éclater leur colère, en espérant qu’ensuite ils se calmeront.

2) récolter les arguments des opposants afin de les analyser et d’y répondre par la com’.

3) dire ensuite qu’on a été démocratique et qu’on fait ce qu’on avait prévu de faire, mais avec la validation de l’opinion (même si celle-ci n’est représentée que par quelques individus).

Nous avons animé la campagne de sabotage de l’opération de propagande des nanotechnologies en 2009-2010, avec un succès inespéré (la plupart des réunions publiques annulées, et finalement les experts se retranchant sur Internet, sans public, à l’inverse de la « concertation » annoncée, et un bilan désastreux pour la Commission nationale du débat public, qui jura qu’on ne l’y reprendrait plus sur des thèmes de ce genre).

Bien que cela ait un goût de déjà vu, nous allons pour notre part recommencer, et nous invitons évidemment les collectifs à nous imiter. Ce que cela signifie, de notre point de vue :

– mener une enquête fouillée sur les dessous de l’opération (qui, comment, combien, où, etc),

– analyser les raisons de cette opération maintenant et les enjeux pour Enedis (pas très compliqué…),

– écrire des textes cinglants et irréfutables pour démonter la manip’ et les diffuser massivement, notamment dans les médias,

– enfin, cela va sans dire, appeler au boycott de la pseudo-participation, et expliquer autour de nous (notamment aux naïfs de bonne volonté) les raisons de ce boycott.

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Il y a un commentaire.

  • GUERIN Reynald dit :

    J’ai vu cette démarche débuter en entreprise. C’était dans le début des années 80, dans l’industrie du textile où j’exerçais en tant que magasinier.
    L’entreprise avait mis en place des « Cercles de Qualité » ou les salariés dénonçaient les dysfonctionnement pour une meilleure qualité des productions. Une façon de « formater » le subalterne à le rendre « coopérant » dans l’intérêt de la rentabilité de l’entreprise, donc des actionnaires.
    La démarche poussée allait au delà de révéler les dysfonctionnements matériels, mais poussait jusqu’à la délation sur des insuffisances humaines de certains.
    C’est purement « dégueulasse »!

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