Soutien de François Ruffin aux « Déboulonneurs »

Publié par AAVEC le 29 janvier 2019 dans la catégorie Publicité invasive

François Ruffin, député de la Somme,

le 25 janvier (écrit et rédigé par Joseph, [son] collab’, et revu par [ses] soins !)

Ils sont les citoyens modèles – Lettre en soutien au collectif « Les déboulonneurs » dans le cadre de leur procédure judiciaire pour une action de désobeissance civile menée en 2015.

Mesdames messieurs les juges,

Quelle société voulons-nous ? A quoi doit servir la justice aujourd’hui ?

Un groupe de citoyens, non-violents, agissant à visages découverts, a été condamné pour de la peinture et du scotch sur des panneaux publicitaires, comme si on s’attaquait au bien d’un particulier, comme si on attaquait la République. La Justice doit-elle défendre l’intérêt général ? Oui, alors c’est plutôt les publicitaires et les exploitants de panneaux qu’il faudrait condamner.

Comment peut-on défendre la publicité dans l’espace public, alors qu’elle est la source évidente de nombreux maux ? Les accusés sauront vous lister tout le drame que représente cette omniprésence de la publicité dans l’espace public : pollution, déchets, atteinte au droit de réception…

A Troyes, le 13 octobre 2018

Résistance à l’agression publicitaire (RAP) – Groupe de Troyes

Moi, je suis représentant de la Nation, et comme beaucoup de mes concitoyens, j’essaye d’éduquer au mieux mes enfants, de leur apprendre à apprécier les choses simples, à être serviable et altruiste, à être conscient que ce que nous consommons à un impact sur notre environnement, je fais en sorte qu’ils soient des citoyens éclairés. Je parle de mes enfants, mais c’est aussi de moi dont je parle, je tâche de mettre en cohérence ce que nous savons tous sur la catastrophe environnementale qui vient et mes actes, je tâche de construire une société plus sobre, avec moins de biens et beaucoup plus de liens.

Pourtant, tous ces efforts de civilisation sont vains tant que l’espace public est saturé de panneaux, d’écrans, d’affiches, d’hommes et de femmes sandwich, qui n’ont qu’un seul but : nous faire consommer. Utiliser nos faiblesses psychiques, s’instiller dans nos esprits, et nous faire consommer. S’appuyer sur des prétendus principes de liberté et envahir nos esprits, en permanence, sur nos écrans, dans nos journaux, dans les toilettes des bars, dans les gares, dans les rues… Nous vendre des voitures, nous vendre du parfum, nous vendre des vacances en avion, nous vendre des téléphones 16G, nous vendre des chaussures, nous vendre de la frustration, nous vendre des corps de femmes chosifiés, nous vendre un monde dont nous n’avons en fait pas besoin.

Nous avons besoin de parler aux gens que l’on croise dans la rue, nous avons besoin de gratuité, nous avons besoin de poésie et de culture, nous avons besoin d’une certaine forme de croissance spirituelle. Nous avons besoin de changer de modèle, tout le monde le sait.

Les Déboulonneurs ont l’intelligence de pointer l’incohérence de notre société. Il faut les saluer, les encourager, parce qu’ils font œuvre de salubrité politique en tâchant de décontaminer nos villes, et surtout nos esprits. Les saluer et non les condamner. La République entière a besoin de leur action pour rester fidèle à ses idéaux et à ses valeurs.

Mesdames et messieurs les juges, protégez ce qu’il y a de plus vital, protégez nos esprits, protégez notre intimité, annulez la condamnation contre les Déboulonneurs.

Francois Ruffin, député de la Somme
(écrit et rédigé par Joseph, mon collab’, et revu par mes soins !)

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Il y a 2 commentaires.

  • GUERIN Reynald dit :

    Totalement en accord avec ce texte.

  • GUIDEZ dit :

    Si je suis en parfait accord avec le sentiment de folie et de perdition de l’humanité dans laquelle nous vivons à l’heure actuelle, la peinture masquante, l’application de scotchs occultants, l’arrachage d’affiches et d’une manière générale ce qui porte atteinte à autrui ne me paraissent pas être des moyens convaincants en ce qu’ils sont l’expression de la dénégation du libre arbitre.
    Nous sommes les auteurs de notre propre malheur dans la surconsommation. Il nous appartient donc à nous mêmes de ne pas succomber.
    Pas de consommateurs induira à terme pas de pollution par publicité et création d’objets inutiles

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